Annotation
Camille Sauvage est né le 14 avril 1910 à Ferrière la Petite dans le Nord de la France.
Son père, ingénieur dans les chemins de fer aurait aimé qu'il suive la même "voie" que lui.
Camille avait la passion de la musique. Dès son plus jeune âge, il rêve de devenir
musicien. Son père lui fit cadeau d'un violon alto ce qui donna le coup d'envoi à sa
carrière d'artiste.
Il commence ses études musicales au Conservatoire de Valenciennes d'où il sort avec un
premier prix de composition et les poursuit au Conservatoire de Paris où il obtient
plusieurs premiers prix qui termineront ses études classiques.
Alors qu'il se trouve en 1940 aux Etats-Unis, il chute de vélo et se sectionne un doigt.
Les meilleurs
praticiens parviennent à le lui sauver, mais, à son grand désespoir il ne pourra plus jouer
de violon. C'est alors que des amis 'jazzmen" lui proposent de se lancer dans le jazz.
Très rapidement, il se met au saxophone puis à la clarinette qui deviendra son instrument
favori.
Camile Sauvage devient ainsi musicien de jazz dans l'orchestre de Ray Ventura puis trouve
sa place dans les meilleurs orchestres du moment (notamment celui de Raymond Legrand en 1943
- 1944). Il joue avec la " fine fleur de l'époque" : Hubert Rostaing, Noël Chiboust,
Aimé Barelli, André Paquinet, Loulou Gasté; Armand Molinetti, Michel Warlop.
Le chef d'orchestre, Jean Laporte, qui est le directeur musical du Théâtre de "L'Empire"
à Paris et du Théâtre de Versailles lui confie la direction de l'orchestre de 'L'Empire".
Ce sera le départ d'une belle carrière.
De 1945 à fin 1947 c'est le temps du jazz pour l'Orchestre Camille Sauvage (ILD 642236).
En effet, après la Libération il monte un orchestre de jazz-attractif et fait quelques
enregistrements pour une petite marque "Fumière". En 1946, les débuts de l'orchestre sont
plus que prometteurs. Après des années de guerre, les français veulent s'amuser et découvrir
les nouveaux rythmes américains. Chaque représentation est un véritable succès. L'orchestre
se produit dans de nombreuses villes de l'hexagone: Lille, Roubaix, Tours, Rambouillet,
Poitiers, etc ... ainsi qu'en Belgique à Bruxelles, Anvers, ...
Dans le même temps, il enregistre chez "Pacific" qui désire se constituer un catalogue
de jazz français autour de Django Reinhardt, dont la firme a déjà réalisé plusieurs
enregistrements sous la marque "Ultraphone".
Le répertoire de l'orchestre est un mélange de succès américains: "Pensilvania 6500"
popularisé par Glenn Miller et son orchestre, de succès du moment: "Ma prairie",
"Near you" et de ses propres compositions :
"La chanson du camping", "Le boogie du samedi soir" ou " Rhapsodie pour clarinette",
l'une des douzes rhapsodies qu' il composa.
Au cours de cette même année, Camille Sauvage est contacté par la firme "Odéon" qui lui
propose un contrat d'exclusivité. "Camille Sauvage et son orchestre de jazz" - sa nouvelle
appellation - comporte 12 musiciens. Les moyens techniques de chez" Odéon" sont plus
importants, les enregistrements plus soignés et le pressage de meilleur qualité.
On entend tout de suite la différence dans "Carlton". Le répertoire se compose de "fox"
et "boogies-woogies" qui dégagent une bonne humeur évidente :"Hello, baby Mademoiselle",
"Fifi jaune d'oeuf', "Sous le ciel bleu du Texas" en sont de beaux exemples.
Fin 1947, Camille Sauvage délaisse le jazz pour faire de son orchestre un grand ensemble
attractif avec des ensembles vocaux, duos, et des rythmes plus varié: rumba, samba, mambo,
one-step, raspa, valse, marche. Dès 1948, il est dans la lignée des orchestres de ses amis
Ray Ventura, Jacques Hélian, Fred Adison. Les musiciens chantent, jouent interprètent des
chansons-sketches avec brio. Les éléments attractifs de l'orchestre sont tour à tour:
Michel WOOP, guitare et chant, René SIMON, chant, José CHRISTIAN, chant, Jacques PRELY,
fantaisiste, Bob MARSAN, chanteur de charme et la chanteuse-danseuse ANNICK.
En 1948, la R.T.F lui confie de nombreuses émissions de radio à l'époque où les disques sont
encore rares. Camille Sauvage anime sa propre émission chaque samedi soir, de 22 heures 45
à minuit :"Surprise-party" dont vous pouvez entendre l'indicatif sur le compactdisc ILD 642236.
Dès lors, son audience s'accroit d'une manière considérable et du même coup la vente de ses
disques bat des records. C'est le temps de la radio et de ses plus importants succès:
"Oh! Venez au Vénéuzela", "Ah! Qu'elle est belle ma chanson", "La mi-août","Un petit coup de
rouge", "Bella Musica", "Marie s'promène" (1948 -1953).
A la même époque, il fera chaque dimanche une autre émission en alternance avec Jacques Hélian
sur le Programme Parisien de 12 heures à 12 heures 30. Au cours de celle-ci, il invitera les
grandes formations du moment:
Ray Ventura, Noël Chiboust, Hubert Rostaing, Eddie Wamer, Raymond Legrand, etc ...
C'était la période reine des orchestres ... Les artistes de variété n'étaient pas oubliés:
Annie Gould, André Claveau, Jacques Prély, Bob Marsan, et bien d' autres étaient régulièrement
invités.
Camille Sauvage compose pour le cinéma plus de cent musiques de films entre 1948 et 1980.
(ILD 642237). Nous en avons ici un aperçu avec "Il faut y croire" et "Buffalo Bill", extraits
du film "Madame et ses peaux-rouges". Les paroles sont de son grand ami Pierre Dudan, auteur
danois vivant en France dont la chanson "Pigalle" a fait le tour du monde. On le retrouvera,
un peu plus tard en 1952, dans le film "Adieu Paris" où l'orchestre et Camille Sauvage
- il joue son propre rôle - tiennent la vedette auprès de Françoise Arnoul et Henri Vilbert.
En 1951, Camille Sauvage quitte "Odéon" pour "Philips". La grande firme hollandaise,
( un fabricant d'ampoules électriques comme disait Juliette Gréco dans une récente émission
de télévision consacré à la "crise du disque" ), trouve avec celui-ci et beaucoup d'autres
artistes un bon support publicitaire pour populariser la marque dans le monde entier et mieux
faire connaître tous les produits qu'elle fabrique: electro-ménagers, radio, hi-fi, télévision ...
Camille Sauvage étant très connu d'une part et "Philips" possédant un bon réseau de revendeurs,
d'autre part : les deux partis sont gagnants En 1954, il fera quelques enregistrements pour
"R.C.A." puis pour "Columbia". "L'âge d'or" de l'orchestre durera jusqu'en 1956, date à
laquelle il est, comme Ray Ventura, Jacques Hélian et beaucoup d'autres, victime de la
désaffectation du public pour les grandes formations et confronté à une gestion trop coûteuse.
Camille Sauvage tourne la page d'une brillante épopée qui aura duré une dizaine d'années.
Toutefois, il continue, (en proposant aux organisateurs une grande ou une petite formation)
à animer de grandes soirées privées: Bal des Petits Lits Blancs à l'Opéra de Paris,
Les Nuits du Cinéma, le Bal de l'X, Galas du Rotary et du Lion's Club de 1968 à 1972, et de
faire la "saison" au Casino Bellevue de Biarritz, au Palm Beach de Cannes, au Casino d'Evian,
d'Aix les Bains, de Vittel de 1953 à 1966. Il anime les Grands Nuits d'Abidjan en 1968,
des récitals à l'île de la Réunion, aux Comores, Nouméa, Tahiti ...
Camille Sauvage passe une grande partie de son temps à composer pour la clarinette, la musique
légère, l'illustration sonore et la musique de cirque. Membre de la Sacem, il rentre au
Conseil d'Administration et en sera le vice-président de 1978 à 1979.
Il décède le 30 octobre 1981.
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